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Aéro Emploi

Bombardier : une histoire particulière dans le monde de l'aviation (partie 5)

Aéro Emploi

L'histoire de Bombardier, est celle d'une entreprise qui, à cause d'une mauvaise gestion et d'aides gouvernementales malavisées, est devenue une machine à perdre de l'argent, qui a accumulé des milliards de dettes et a fini par devoir vendre la plupart de ses divisions une par une jusqu'à ce qu'il ne reste plus, depuis l'année dernière, que des avions d'affaires.

Il y a plusieurs raisons pour lesquelles Bombardier a fini par échouer dans le secteur de l'aérospatiale commerciale. Certaines d'entre elles étaient auto-infligées et d'autres résultaient du fait que Bombardier était en concurrence avec les deux plus grandes entités commerciales du monde dans un secteur qui est parmi les plus politisés.

Bombardier est devenu un acteur important de l'aérospatiale commerciale grâce au succès stupéfiant de ses jets régionaux (CRJ), issus des connaissances acquises par Canadair lors du développement du jet d'affaires Challenger. Cet avion a représenté une percée, car le marché des avions de 50 places environ était jusqu'alors réservé aux turbopropulseurs. Il a rapidement été étendu à une variante de 70 places (et plus tard, avec moins de succès, à une variante de 90 places).

Ces avions ont connu un succès immédiat et Bombardier les a vendus aussi vite qu'elle a pu les fabriquer. Leur succès a donné naissance à un concurrent, Embraer, qui, en quelques années, a été en mesure de rivaliser sur un pied d'égalité avec Bombardier. Ce que ni l'un ni l'autre ne pouvait prédire, c'est que le marché des jets régionaux se révélerait inconstant et que, moins de 20 ans après la percée, la demande pour les petits jets diminuerait. Cela les a effectivement obligés à envisager la construction d'avions plus grands et à commencer à envisager de concurrencer Boeing et Airbus.

Parmi les éléments que Bombardier ne pouvait pas contrôler, il y avait :

La dimension politique de la vente d'avions

Les ventes d'avions résultent souvent d'une intervention de gouvernement à gouvernement et font souvent partie d'accords plus larges, d'où la concurrence intense et égale entre Boeing (États-Unis) et Airbus (UE). Le Canada (et le Brésil) n'ont tout simplement pas le poids politique nécessaire pour rivaliser avec ces deux géants.

Le complexe militaro-industriel

Airbus et, dans une plus large mesure, Boeing sont tous deux soutenus par de puissants marchés de défense nationaux qui peuvent être utilisés comme une forme de subvention indirecte et un moyen de développer la technologie au nom de la sécurité nationale. Le Canada n'a pas la taille nécessaire pour rivaliser avec ces budgets et, en fait, il ne consacre pas assez d'argent à la défense, même par habitant.

La rude concurrence

L'agressivité avec laquelle le Brésil (et maintenant le Japon et la Chine) font la concurrence et les efforts de Boeing et Airbus pour se protéger même au niveau le plus bas de leur marché.

L'absence d'un grand marché intérieur

Contrairement à Boeing et Airbus, Bombardier ne dispose pas d'un grand marché intérieur pour soutenir leurs ventes, ce qui les rend encore plus vulnérables aux aléas politiques et économiques du marché de l'exportation.

 

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