L'aviation est responsable d'environ 2,5 % des émissions de carbone qui réchauffent la planète, selon l'Agence internationale de l'énergie, donc la meilleure façon de les réduire est de voler moins selon certaines idées. Des avions plus économes en carburant, des carburants d'aviation durables et la suppression du carbone de l'atmosphère sont quelques-uns des moyens qu'elle espère mettre en œuvre pour y parvenir.
Lors d'une interview accordée à la BBC, le directeur de Delta air Lines a prévenu que les mesures de lutte contre le changement climatique rendront les voyages en avion plus coûteux. "Au fil du temps, cela va nous coûter plus cher, mais c'est la bonne approche à adopter".
Un objectif ambitieux
La réduction des émissions de carbone est cruciale si le monde veut limiter le réchauffement climatique à 1,5°C au-dessus des niveaux préindustriels, comme convenu à Paris en 2015, et longuement discuté lors de la COP26, la conférence des Nations unies sur le changement climatique.
Andreas Schafer, professeur d'énergie et de transport à l'University College de Londres, a déclaré qu'"il faudra des billions plutôt que des milliards de dollars" pour amener le secteur mondial de l'aviation à des émissions nettes de carbone nulles.
Les résultats préliminaires des recherches de son équipe suggèrent que les tarifs aériens devraient augmenter de 10 à 20 % pour couvrir les coûts. "À court terme, le soutien des pouvoirs publics sera nécessaire, car la décarbonisation de l'aviation sera un défi majeur et les efforts actuels devront être considérablement intensifiés", explique le professeur Schafer.
En ce sens, M. Bastian, le directeur de Delta air Lines admet aussi qu'il s'agit d'un objectif ambitieux que sa compagnie aérienne ne pourra pas atteindre seule "C'est le plus grand défi à long terme auquel est confronté ce secteur", a-t-il déclaré. "Nous sommes dans une industrie qui est classée comme difficile à décarboniser parce que nous n'avons pas encore de biocarburants ou de carburants d'aviation durables (SAF) en masse dont nous allons avoir besoin.", à savoir, Delta a pour objectif d'utiliser 10 % de carburant aviation durable d'ici à la fin de 2030.
Par ailleurs, de nombreuses compagnies aériennes et sociétés de carburant investissent dans la SAF. D'autres technologies en cours de développement consistent à convertir les déchets alimentaires en carburéacteur et à utiliser le dioxyde de carbone extrait de l'air. Cependant, ils restent plus coûteux que les combustibles traditionnels et les quantités nécessaires sont également considérées comme problématiques.
Le directeur général de l'Association du transport aérien international (IATA), Willie Walsh, a déclaré aussi à la BBC que, bien que la création des niveaux de production SAF nécessaires soit un grand défi, "c'est parfaitement possible si l'industrie et les gouvernements travaillent ensemble".
"Les augmentations de production réduiront les coûts à des niveaux compétitifs. Nous avons vu des augmentations similaires dans le développement de l'énergie solaire et éolienne au cours des dernières décennies", a déclaré Walsh.
Accord sur l'aviation
Pour rappel, lors du sommet des Nations Unies sur le changement climatique à Glasgow, 23 pays se sont engagés à travailler ensemble pour amener l'industrie aéronautique à zéro émission nette de carbone d'ici 2050. Une utilisation plus efficace de l'énergie, des carburants d'aviation durables et des avions électriques font partie de ses ambitions.
Toutefois, Greenpeace, un groupe de défense de l'environnement, a déclaré que cet accord constituait un "blanchiment écologique flagrant".
"Cette annonce est pleine d'arnaques telles que les compensations et l'optimisme excessif concernant les soi-disant "carburants d'aviation durables" et les futures conceptions d'avions", a déploré Klara Maria Schenk de Greenpeace.