Avant de vous parler du comportement du C Series, je vais discuter de CAE et de simulateur. Dans l’aviation commerciale, quand on mentionne « simulateur », le premier nom qui nous vient à l’esprit, c’est CAE. Cela n’a rien de surprenant, puisque la multinationale montréalaise détient 70% du marché. Avec une telle domination, il est même surprenant que les gens de l’industrie du transport aérien n’utilisent pas le terme « CAE » pour désigner un simulateur.
Pour construire un simulateur, CAE commande tous les instruments et tout l’équipement qui se trouvent dans le poste de pilotage de l’avion qui sera reproduit pour les installer sur une plate-forme hydraulique avec une coquille standard. Par contre, pour indiquer la pression extérieure ou encore la vitesse, il n’y a pas de tube Pitot ou de prise statique. Ce sont les ordinateurs du simulateur qui envoient des signaux électriques aux instruments du tableau de bord dans le poste de pilotage. La programmation normale d’un simulateur comprend entre 5 et 10 millions de lignes de codes et permet de remplacer tous les censeurs et capteurs dont est muni le vrai avion. Le simulateur doit également reproduire les conditions météo et l’imagerie. Normalement, pour reproduire les mouvements d’un avion ayant des commandes de vol direct, dans un simulateur, on relie l’ordinateur du simulateur directement au manche à balai et au palonnier. Mais dans le cas d’un avion à commandes de vol électronique comme le C Series, le manche et le palonnier sont reliés à l’ordinateur de commandes de vol qui, lui, envoie les signaux à l’ordinateur du simulateur afin de mieux reproduire le comportement réel de l’avion. Car il faut savoir que les systèmes de commandes de vol ont des comportements différents d’un type d’avion à un autre. Sur le C Series par exemple, si vous placez l’avion dans un virage à gauche et que vous relâchez les commandes, il maintiendra son virage. Par contre, si l’inclinaison est de plus de 30 degrés, l’ordinateur ramènera l’avion à un angle de 30 degrés.
Pour le programme C Series, CAE a fourni un simulateur pour l’ingénierie installée à l’usine de Bombardier à Mirabel et un autre au centre d’entrainement de Bombardier, qui est voisin de l’usine de CAE. Un autre simulateur a aussi été livré chez SWISS, à Zurich, et le prochain sera livré à Francfort, en Allemagne. Évidemment, pour un nouveau programme d’avion comme le C Series, CAE et Bombardier ont dû se parler constamment afin de pouvoir apporter les correctifs selon l’expérience acquise et les problèmes rencontrés. Dans le prochain texte, je vous entretiendrai du comportement du C Series.
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