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Aero Nouvelle

Ces mises à pied qui dérangent

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Que Bombardier supprime des emplois dans la recherche et développement ne surprend pas vraiment, à moins que vous soyez convaincus qu’elle doit immédiatement lancer un nouveau programme d’avion et y investir des milliards. Tout comme il est normal, voire souhaitable, qu’il y ait des mises à pied du côté de la production des avions d’affaires, puisqu’il y a un ralentissement de la demande. Ce qui dérange, ce sont les mises à pied faites parce que l’entreprise délocalise des emplois.

 

Dans les annonces qui ont été faites la semaine dernière, la délocalisation représente probablement la plus petite partie des postes qui seront abolis à Montréal, soit à peine quelques centaines sur près de 2000. Comme de toute façon il faudra à l’entreprise près d’un an avant de compléter les mises à pied annoncées, était-il vraiment nécessaire de commencer le processus de délocalisation immédiatement? Il me semble que Bombardier aurait dû avoir la décence d’attendre afin de ménager son partenaire qu’est le gouvernement du Québec.

L’autre chose qui me dérange avec cette délocalisation, c’est son caractère plus permanent. Il est raisonnable de penser que les réductions de personnel pour l’assemblage des avions d’affaires sont temporaires et que Bombardier va réembaucher quand la demande va augmenter. Mais les délocalisations, elles, sont définitives et les emplois ne reviendront pas même si la demande augmente. Par contre, je ne crois pas que le fait de s’indigner et de s’élever contre ces compressions va changer grand-chose. Parce que ce phénomène n’est pas unique à Bombardier et parce qu’il ne faut pas oublier que plusieurs PME d’ici ont remporté des contrats avec Airbus et Boeing, permettant le transfert d’emplois vers Montréal. Si c’est bon pour nos PME, alors il ne faut pas se surprendre que d’autres entreprises et pays veuillent faire de même. Que crier à l’injustice au sujet des méthodes de subventions à l’emploi dans d’autres pays ne réglera pas le problème.

 

Je ne pense pas qu’il soit souhaitable de subventionner tous les emplois de Bombardier et de suivre jusqu’au bout l’exemple de certains États à ce chapitre. Je ne crois pas que nous en aurions pour notre argent. Par contre, il serait intéressant de voir comment on pourrait faire pour créer des conditions qui feraient en sorte qu’il soit plus rentable de les garder ici. Si la structure plus lourde de Bombardier la rend moins compétitive dans l’exécution de certaines tâches, peut-être que l’on pourrait voir à ce que les PME d’ici soient, elles, en mesure de la faire de façon plus compétitive. Selon moi, aider les PME à être encore plus compétitives leur permettrait de faire plus de sous-traitance non seulement pour Bombardier, mais aussi pour les autres grands donneurs d’ouvrage. Rendre les PME plus compétitives ne passe pas par des subventions directes à l’emploi, mais par des programmes d’aide à la recherche pour le développement de nouvelles méthodes de production moins couteuses, par exemple.

 

Comme je l’ai déjà dit, notre industrie aérospatiale n’est pas en crise, mais il y a certainement moyen d’en faire un peu plus pour qu’elle demeure en croissance.

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