Dans un article écrit par M. Scott Hamilton et publié sur Leehamnews le 13 juin dernier, on apprend de la bouche même du président et chef de la direction d’UTC, M. Greg Hayes, que le coût de production des moteurs PWG qui propulsent le C Series et l’A320neo entre autres est actuellement de 10 M$ et que l’objectif est de le descendre à moins de 2 M$ d’ici la fin de la courbe d’apprentissage. Pour ceux et celles qui l’ignorent, UTC (United Technologies Corporation) détient Pratt & Whitney. M. Hayes a aussi expliqué que d’ici la fin de 2018, la courbe d’apprentissage aura coûté près de 1 G$ en marge bénéficiaire négative, puisque le prix de vente actuel des moteurs est inférieur à leur coût de production. Cette perte n’a rien d’exceptionnel et était anticipée. Ce qui me surprend ici, c’est que lorsque UTC fait une telle annonce, personne ne s’étonne, tandis que lorsque Bombardier a fait une annonce similaire en mai, les médias se sont mis à dire qu’elle avait vendu le C Series à perte. Une autre belle démonstration du "deux poids, deux mesures".
Dans le domaine de l’aérospatiale, les présidents d’entreprise ont tendance à se faire vagues quand il s’agit de parler de leurs coûts de production, et c’est ce qui rend la déclaration de M. Hayes unique et si intéressante. Car elle nous fournit des chiffres bien concrets qui nous permettent de faire des analyses plus précises. Le 17 mai dernier, j’avais publié le texte suivant : https://aeroemploi.ca/nouvelles/n/433-combien-coute-la-construction-dun-c-series-premiere-partie. Dans ce texte, j’avais abordé le prix des moteurs et la compétition que se livrent Pratt & Whitney et CFM. À ce moment, je n’avais pas été en mesure d’établir le prix catalogue des moteurs PW1500G qui équipent le C Series, mais j’avais obtenu le prix de liste des moteurs LEA-1B du B737-max, qui est de 13,5 M$. La déclaration de M. Hayes nous permet aussi d’établir qu’une fois la courbe d’apprentissage complétée, les moteurs PWG seront profitables à partir d’un prix de vente supérieur à 4 M$ si on inclut tous les frais de développement et de lancement. Cela laisse donc beaucoup de latitude pour consentir des escomptes plus que substantiels sur le prix catalogue. Dans le deuxième texte que j’avais publié au sujet du coût du C Series (https://aeroemploi.ca/nouvelles/n/435-combien-coute-la-construction-dun-c-series-deuxieme-partie), j’avais établi que le coût moyen de production du C Serie en 2020 serait approximativement de 28 M$. Les chiffres que donne M. Hayes me laissent croire que je suis bien près du chiffre réel.
-
