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Aero Nouvelle

Entrée en service du C Series : comment éviter les écueils

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Les deux prochaines années seront déterminantes pour l’avenir du C Series, car la période d’entrée en service pour un nouvel appareil est celle où sa réputation de fiabilité est établie. Il est donc essentiel que les deux premières compagnies aériennes qui utiliseront le C Series en soient satisfaites afin de pouvoir continuer à la vendre dans les années à venir.

 

Pour le C Series, Bombardier n’a pas lésiné sur les efforts et s’est attelée à la tâche dès 2008 avec la création de l’équipe de soutien dès le lancement du programme. Cette équipe a eu son mot à dire durant toute la conception du C Series et a forcé les ingénieurs à revoir certains systèmes. Car pour que le soutien soit facile, il faut que l’avion soit facile à entretenir. Concernant le C Series, cela veut dire que tous les changements d’équipements qui se font sur la ligne (à la barrière d’embarquement et non dans un hangar) doivent pouvoir s’effectuer en une heure ou moins. Sur le C Series, même l’APU (génératrice) peut être changé en une heure, et pour ce qui est de changer un moteur, cela peut se faire en quatre heures trente minutes. Cette facilité d’entretien risque fort de plaire aux techniciens de SWISS et d’Air Baltic dans un premier temps et à ceux des autres compagnies aériennes ensuite. Le centre de soutien est actuellement ouvert et opérationnel même si aucun appareil n’a encore été livré. Les gens des opérations de SWISS ont pour mandat de le mettre à l’épreuve et il est déjà arrivé dernièrement qu’un appel soit fait au petit matin afin d’obtenir une pièce dans le but de simuler un bris. Pour le soutien directement chez le client, Bombardier a désigné il y a un an la compagnie Samco Aircraft Maintenance, à Maastricht aux Pays-Bas, comme établissement de service désigné pour le C Series. Les techniciens de cette entreprise auront donc comme tâche d’assister ceux de SWISS et d’AirBaltic. En plus, le fait que les deux clients de lancement du C Series se trouvent en Europe facilitera la tâche pour Bombardier. Entre autres, un seul site pour stocker les pièces de rechange suffira.

La relation avec le client est aussi très importante afin d’établir un climat de confiance et un partenariat plutôt qu’un climat de confrontation. Le souvenir des problèmes de trains d’atterrissage des Q400 de SAS est bien présent dans la mémoire des employés qui étaient avec Bombardier à ce moment-là. Les rapports d’enquête avaient clairement indiqué que les problèmes de trains d’atterrissage étaient causés par un entretien non conforme au manuel. Lorsque l’on questionne les gens de Bombardier au sujet de la relation qu’ils entretenaient avec SAS à l’époque de l’entrée en service du Q400, pas un mot. Ils refusent de dénigrer un client. Par contre, quand il s’agit de parler de la relation avec SWISS, alors là, les langues se délient et il est évident que les choses vont bien. Le directeur du C Series, M. Sébastien Mullot, donnait l’exemple des pilotes pour expliquer la motivation des employés de SWISS envers le C Series : Plusieurs pilotes de SWISS qui volent actuellement sur Airbus A320 ont choisi d’être rétrogradés pour pouvoir voler sur le C Series, qui est plus petit, avec la diminution de salaire qui vient avec. Cela en dit long sur l’enthousiasme des gens de SWISS envers le C Series.

 

Dans le prochain texte sur l’entrée en service, je parlerai de la MEL (Minimum Equipment List ou Liste d’équipement minimum) et de sa complexité. 

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