Retourner à la recherche
Aero Nouvelle

La société de crédit-bail de la Caisse de dépôt

Aero Nouvelle

L’automne dernier, j’avais évoqué la possibilité que la Caisse de dépôt s’implique directement dans la transaction entre Air Canada et Bombardier. À la lumière des annonces faites la semaine dernière, je suis encore plus convaincu que jamais que ce sera le cas. Je dois d’abord vous dire que c’est Sylvain Faust, du site fliegerfaust.com, qui m’a soumis l’hypothèse lors d’une conversation en septembre dernier. J’ai tout de suite trouvé que son idée était fort intéressante et qu’elle était plausible. Il s’agit donc d’une hypothèse que je vous soumets et qui n’est basée sur aucune rumeur ou information privilégiée.

 

Comme je l’ai déjà mentionné la semaine dernière, la lettre d’intention signée par Air Canada signifie que la question du financement pour l’achat des C Series n’est toujours pas réglée. Je vous rappelle aussi que les deux compagnies impliquées dans la transaction sont canadiennes et que le recours à une source de financement extérieure pourrait comporter des complications additionnelles. Comme la Caisse est aussi le plus gros actionnaire de Bombardier, l’aider à conclure des ventes est une façon de veiller sur son investissement. Dans le cas spécifique d’Air Canada, cela permettrait d'effectuer la transaction en dollars canadiens et tout le monde serait protégé des fluctuations des taux de change. 

 

Je ne pense pas que la Caisse devrait se limiter à la commande d’Air Canada, puisque le marché du crédit-bail est très rentable, à condition de disposer d'une grande quantité de capitaux. Le premier objectif de la Caisse dans cette transaction ne serait pas de subventionner Bombardier, mais bien de profiter de cette occasion pour entrer dans le lucratif marché de la location d’avions de ligne. Il faut savoir aussi que les compagnies aériennes à rabais comme Indigo, Ryan Air ou Easy Jet ne prennent jamais en charge l’entretien structural des avions qu’elles louent. En général, la courte durée des baux de location fait en sorte que les avions sont retournés au locateur qui, lui, doit veiller à faire les révisions structurales. Or l’entente entre Air Canada et le gouvernement du Québec porte justement sur l’établissement à Montréal d’un centre d’entretien mondial pour les C Series. La présence de la Caisse dans le crédit-bail permettrait donc de fournir encore plus d’ouvrage au centre d’entretien qui verrait le jour. 

 

De plus, la présence d’une grande société de crédit-bail à Montréal permettrait le développement d’une expertise de classe mondiale en matière de finance en aviation et en aéronautique qui s’intégrerait très bien dans le centre de commerce mondial.

 

L’avenir me dira si ce n’est qu’une vision de l’esprit ou une réalité.  

-

Ce site utilise des cookies pour les analyses et le contenu vidéo. Vous pouvez accepter uniquement les cookies essentiels ou accepter tous les cookies.