C’est jeudi dernier que le fabricant montréalais de trains d’atterrissage dévoilait les résultats financiers de son trimestre terminé le 30 juin dernier. Outre l’augmentation des profits à 5M$, c’est la livraison du premier train d’atterrissage principal du B777 à Boeing avec 40 jours d’avance sur l’échéancier qui a retenu notre attention. C’est au début de l’année de 2015 que Boeing avait annoncé avoir choisi Héroux-Devtek pour la fabrication du train d’atterrissage du B777 et de sa nouvelle version le B777X. Le fournisseur précédent n’était pas un joueur de petite taille puisqu’il s’agissait de B.F. Goodrich, filiale de United Technologies corporation (UTC) qui est propriétaire de Pratt & Whitney entre autres. L’offre de la naine Héroux-Devtek permettait à Boeing d’obtenir une réduction substantielle par rapport à ce qu’offrait le méga géant UTC et sa filiale; on parle de 15% en moins et peut être plus.
Pour réussir à réduire le coût de production, Héroux-Devtek avait deux alternatives: la première consistait à faire ce que bien des entreprises du domaine aérospatial font, c’est-à-dire de délocaliser une partie de sa production vers des pays où le coût de la main-d’œuvre est très bas. Mais le fabricant de trains d’atterrissage a plutôt choisi de faire affaire uniquement avec des fournisseurs nord-américains et de faire une gestion très serrée de la logistique et de l’inventaire. Cela permet une diminution du temps du cycle de fabrication avec comme conséquence une réduction du nombre de pièces et sous-ensembles qui sont en transit entre les différentes unités de production. Ce que nous révèlent les chiffres publiés par Héroux-Devtek la semaine dernière, c’est que cette stratégie semble fonctionner puisque le premier train d’atterrissage a été livré à temps et les profits sont au rendez-vous.
Héroux-Devtek est en train de faire la preuve qu’avec des méthodes de gestion innovantes, il est encore possible à des entreprises de petite taille de faire la barbe aux géants de ce monde.