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Aero Nouvelle

Le point sur l’aide du fédéral à Bombardier

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Au fil des rumeurs, reportages qui s’accumulent au sujet d’une possible aide que le gouvernement canadien apporterait à Bombardier, les indices pointent de plus en plus vers une réponse favorable.

 

C’est durant la présentation des états financiers de Bombardier que les premiers indices sont apparus. Le président de Bombardier s’est fait demander si, avec les liquidités que possédait actuellement la compagnie, l’aide du fédéral était toujours nécessaire et, si oui, à quoi elle servirait. Sa réponse a été positive et il a indiqué que cette aide serait utile pour la commercialisation du C Series. Je tiens à vous faire remarquer que le terme commercialisation fait référence à l’étape de la mise en marché et de la vente de l’appareil, par opposition à sa conception et à sa mise au point. Cela veut clairement dire que l’aide du Canada, et possiblement celle de Québec, ne servira pas à couvrir les coûts de recherche et développement du C Series. Mon interprétation de cette déclaration de monsieur Bellemare est qu’il vient d’annoncer à ses clients potentiels et à ses concurrents que Bombardier est en train d’acquérir les outils qui lui permettront de soutenir la guerre de prix que lui livrent Airbus et Boeing.

 

Durant la même conférence de presse, un autre journaliste a suggéré que la participation du gouvernement fédéral pourrait prendre la même forme que celle de Québec. Monsieur Bellemare a répondu que ce serait souhaitable qu’il en soit ainsi. Si Québec et Ottawa devenaient majoritaires dans le C Series, à l’image de ce qu’ont fait les gouvernements européens avec Airbus à ses débuts, cela enverrait le message que le C Series est là pour rester et que ses adversaires vont devoir apprendre à faire avec.

 

La participation majoritaire des deux niveaux de gouvernements veut aussi dire que Bombardier serait minoritaire au conseil d’administration de la compagnie C Series : trois sièges pour Bombardier et deux chacun pour le fédéral et le provincial. La structure proposée aurait également un très gros impact sur les finances de Bombardier, puisque seulement le tiers des pertes liées au lancement de la production du C Series seraient portées au budget de Bombardier. Cela permettra à Bombardier d’afficher un bien meilleur bilan à court terme, mais à long terme, cela va diminuer les profits qu’elle va tirer du C Series.

 

Ma compréhension des informations que je possède en ce moment est que seuls des actifs seront transférés dans la nouvelle compagnie C Series. Cela voudrait dire qu’au jour un de sa création, la société propriétaire du C Series n’aurait que des actifs et aucun passif lié à la conception de l’avion. Le coût du C Series serait alors uniquement composé de son coût de production réel et, par le fait même, son prix de vente pourrait être beaucoup plus bas qu’il ne l’est en ce moment.

 

Pour rester dans l’aide à la commercialisation du C Series, le ministre des Affaires étrangères, monsieur Stéphane Dion, est allé à Istanbul, en Turquie, la semaine dernière où il a visité le C Series accompagné de dirigeants de Bombardier et de compagnies aériennes turques. Si l’évènement en soi ne garantit en rien qu’il y aura une commande de la part d’une compagnie turque, cela marque un changement dans la mentalité au ministère des Affaires étrangères. Ce changement est une bonne nouvelle non seulement pour Bombardier, mais pour toutes les entreprises d’ici qui désirent exporter leurs produits. Car le précédent gouvernement semblait plutôt réticent ou simplement maladroit dans le domaine de la diplomatie commerciale.

 

D’ici le 22 mars, date du budget fédéral, nous aurons la réponse.

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