J’ai vu passer plusieurs commentaires dernièrement au sujet des transporteurs à rabais et de la sécurité aérienne. Dans le monde de l’aviation, le terme transporteur à rabais (low cost carrier – LCC – en anglais) fait référence à un modèle d’affaires bien précis, dont voici les grandes lignes :
- Exploitation d’un seul type d’appareil.
- Utilisation optimale des appareils.
- Tarif unique avec une seule classe.
- Vols de point à point seulement sans connexions.
- Opère à partir d’aéroports secondaires et évite les grands aéroports aux frais élevés.
- Jeune entreprise avec une structure salariale basse.
- Gestion dynamique et innovatrice.
- Utilisation de l’Internet comme outil principal pour la vente de billets et la promotion.
- Cible une clientèle bien précise qui cherche d’abord de bons prix.
- Le client achète le siège seulement et doit payer des extras pour les bagages, la nourriture, etc.
C’est de cette manière que Southwest fonctionne depuis plus de 40 ans et qu’elle est devenue la compagnie aérienne la plus rentable des États-Unis. Du côté européen, c’est la compagnie Ryan Air qui est la championne de ce modèle d’affaires. Southwest exploite plus de 500 Boeing 737 et Ryan Air en exploite plus de 300. Le bilan de sécurité de ces deux entreprises n’a rien à envier à celui des transporteurs ordinaires et dans leur juridiction respective, elles sont soumises aux mêmes règles de sécurité. Le cas de Ryan Air, qui a recours à des pilotes qui payent pour travailler, en est un de moralité. Bien que je puisse être en désaccord avec certaines méthodes de ces transporteurs, l’argument de la sécurité ne tient pas la route. Bien qu’au Québec on ait vu des compagnies offrir des vols à bas prix, Nationair ou JetsGo entre autres, il n’y a jamais eu de véritable transporteur à rabais et il est peu probable que, dans le contexte actuel, il y en ait. D’un autre côté, les transporteurs à rabais affichent des prix qui sont en moyenne 30% moins élevés que chez les transporteurs ordinaires. Depuis les vingt dernières années, ce sont les transporteurs à rabais qui ont généré la croissance de l’aviation en Europe et en Amérique du Nord. Sans eux, il y aurait moins d’avions dans le ciel, donc moins d’emplois en aéronautique et moins d’emplois de pilote. Pour moi, le bilan des transporteurs à rabais est loin d’être uniquement négatif, mais comme ces compagnies imposent de grands changements dans le fonctionnement des compagnies aériennes, il y a assurément de la résistance.