L’annonce spectaculaire de la commande de 118 avions Airbus par la compagnie Iran Air a semblé surprendre les analystes, surtout à cause de la rapidité avec laquelle cela s’est fait plutôt qu’à cause du nombre d’avions commandés. Cela s’explique probablement par le fait que l’Iran avait déjà annoncé son intention de commander près de 500 nouveaux avions dans les années à venir. Dans ce contexte, le chiffre 118 n’est plus qu’une simple fraction. C’est en lisant un article publié dans la revue economist.com que j’ai réalisé tous les impacts de cette commande et de celles à venir.

Dans son analyse, l’auteur fait remarquer que pour la seule compagnie Iran Air, cette commande lui permettra de multiplier par quatre son offre de service dans la région et qu’en fait, c’est toute l’aviation iranienne qui va connaître une formidable expansion dans les dix prochaines années. L’intention du gouvernement iranien semble maintenant de plus en plus évidente, et son objectif est d’accaparer une partie importante du trafic de passagers qui transite au Moyen-Orient. L’Iran a donc choisi de mener une guerre commerciale aux autres pays du Golfe, et c’est l’aviation qui en sera le fer de lance. Il faut donc s’attendre à ce que l’aéroport de Téhéran et ceux d’autres villes iraniennes connaissent une mise à niveau importante. En fait, c’est toute son industrie du transport aérien que l’État doit rénover et agrandir pour arriver à ses fins.
Dans les années à venir, l’Iran aura donc un très grand besoin d’ingénieurs, de techniciens, de gestionnaires et de pilotes. Comme à très court terme le pays n’a pas les ressources nécessaires, il devra avoir recours à des firmes de service venant de l’extérieur afin de combler les besoins. Ce qui veut dire que des firmes de génie, d’entretien, de fabrication, d’opération et de formation d’ici pourraient avoir la possibilité d’obtenir des contrats du gouvernement iranien. Les écoles de pilotage d’ici sont un bon exemple des retombées que peut générer la situation iranienne. Les licences de pilotes délivrées ici ont une bonne cote et elles sont parmi les moins chères au monde.

Mais les occasions d’affaires ne seront là que pour quelques années seulement et les commandes passées à Airbus et ATR nous montrent à quel point le gouvernement français s’est impliqué, ce qui a permis à ces entreprises de gagner une première manche. De son côté, si le gouvernement canadien, qui souhaite tant relancer son économie, veut faire profiter le pays de la manne qui va passer, il doit premièrement se décoller le nez de son chiffrier afin de mieux comprendre l’occasion qui se présente. Il pourra alors constater qu’il doit accélérer la reprise des relations diplomatiques avec l’Iran. L’industrie de l’aviation et de l’aérospatiale québécoise a besoin que le gouvernement fédéral sache enfin prendre de l’initiative dans ce dossier, car s’il attend d’avoir reçu suffisamment de représentations, il sera déjà trop tard.
Le lien vers l'article de l’Economist : http://www.economist.com/blogs/gulliver/2016/02/bigger-dubai?fsrc=scn/tw/te/bl/ed/biggerthandubaiiranistargetingmorethanfleetrenewalaftertheliftingofaviationsanctions
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