Retourner à la recherche
Aero Nouvelle

Pourquoi la construction du Bell 505 est revenue à Mirabel

Aero Nouvelle

 

Le 19 mai dernier, Bell Helicopter a pris tout le monde par surprise en annonçant qu’elle ramenait la production du Bell 505, alors que l’usine de Lafayette, en Louisiane, qui devait en faire l’assemblage, est ouverte depuis moins d’un an. Comme les essais du B505 sont encore en cours et qu’il n’est toujours pas certifié, cela veut dire que l’usine de Lafayette n’aura même pas eu le temps d’assembler un seul appareil avant de perdre son mandat. Pourtant, l’État de la Louisiane n’avait pas ménagé ses efforts financiers afin d’attirer Bell Helicopter. Il n’aura suffi que de six petites semaines de discussions entre Québec et le nouveau président du constructeur d’hélicoptères pour renverser la vapeur.

 

Mais pourquoi Bell Helicopter, qui n’a pas eu le temps de mettre en production le B505, a-t-elle décidé de déménager tous les équipements de production fraîchement installés vers Mirabel? La réponse se trouve dans le discours que la ministre Dominique Anglade a tenu lors de cette annonce. Consciemment ou non, elle a mentionné à plusieurs reprises la très grande qualité de la main-d’œuvre de l’usine de Mirabel. Comme Mme Anglade ne vient pas du secteur aérospatial et qu’elle n’a pas travaillé non plus pour Bell Helicopter, elle ne pouvait pas connaître la qualité des employés de Mirabel, à moins que quelqu’un ne lui en ait parlé. Ce qui veut dire que durant les entretiens qu’elle a eus avec les dirigeants de Bell Helicopter, le sujet a été abordé par ses derniers et que c’était un facteur important dans la décision de revenir à Mirabel. Il faut donc féliciter toute la Bell équipe (comme elle aime bien s’appeler) pour la qualité du travail qu’elle fait tous les jours et surtout pour ne pas avoir baissé les bras et gardé espoir. Les employés ont sans doute réussi à faire la démonstration que le travail de qualité a une valeur et que l’absence de qualité, elle, a un coût. Mais sans vouloir leur enlever quelque mérite que ce soit, avant d’être des employés qualifiés, ils ont d’abord reçu une formation pertinente. Je tiens à souligner l’importance de la présence, dans la région de Montréal, de trois grandes institutions d’enseignement, l’ETS, l’ÉNA et l’ÉMAM, qui offrent toute la gamme de formations en aérospatial, allant du professionnel au secondaire jusqu’au diplôme universitaire en génie aérospatiale. Chaque année, les diplômés de ces trois institutions viennent gonfler les rangs d’une main-d’oeuvre de plus en plus nombreuse et très bien formée. Voilà ce que l’État de la Louisiane n’a pas été en mesure d’offrir à Bell Helicopter, car en aéronautique, il est essentiel de détenir une solide formation dans le domaine pour pouvoir effectuer un travail de qualité. Une bonne partie du succès de la grappe industrielle en aéronautique repose donc sur la qualité du réseau public d’enseignement spécialisé, ce qui veut dire que couper dans les budgets de ce réseau revient à en réduire l’efficacité.

 

Sur ce site, les réactions à la bonne nouvelle de Bell Helicopter nous font réaliser à quel point les membres de l’industrie aérospatiale sont solidaires. Nous constatons qu’il existe bel et bien une communauté aérospatiale et qu’il y a une interdépendance entre ses divers membres. La décision de Bell Helicopter fait croire à plusieurs qu’elle pourrait servir d’inspiration à d’autres entreprises. Si on ne peut être contre la volonté d’une multinationale de vouloir diminuer ses coûts, on peut certainement encourager les travailleurs et entrepreneurs de la communauté aérospatiale d’ici, qui eux savent qu’ils sont capables de faire le travail ici et pour moins cher. 

-

Ce site utilise des cookies pour les analyses et le contenu vidéo. Vous pouvez accepter uniquement les cookies essentiels ou accepter tous les cookies.